DOSSIER COMPLET : CATASTROPHE AÉRIENNE DE KENGE, TENSION INSTITUTIONNELLE ET BATAILLE D’OPINION EN RDC
Le drame survenu le vendredi 25 septembre 2026 près de Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, marque un tournant critique pour la sécurité aérienne et la justice militaire en République Démocratique du Congo. L’écrasement de l’aéronef Let 410 UVP opéré par la compagnie privée Tracep Congo Aviation a coûté la vie à 17 personnes, dont deux figures majeures de l’appareil judiciaire militaire : le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende (Premier président de la Haute Cour militaire) et le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi (Auditeur général des FARDC).
Face à la gravité de cette tragédie nationale, le dossier s’articule aujourd’hui autour de trois axes fondamentaux : les mesures conservatoires prises par la tutelle des Transports, le cadrage sécuritaire de l’armée face à la désinformation, et les prises de position politiques exigeant la manifestation de la vérité.
I. L’Action Sanction et Contrôle : Le Vice-Premier Ministre aux Transports Impose un Audit
Sur le plan administratif, la gestion du volet technique incombe directement au Vice-Premier ministre, Ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo.
1. Suspension conservatoire du certificat de transporteur
Dès la confirmation du bilan humain, la tutelle sectorielle a ordonné la suspension immédiate du certificat d’exploitant aérien de la compagnie Tracep Congo Aviation. Cette décision administrative vise à paralyser la flotte de l’opérateur pendant la durée des investigations techniques.
2. Audit complet et contrôle de navigabilité
Jean-Pierre Bemba a prescrit la constitution d’un dossier d’expertise exhaustif conduit par les services de l’Autorité de l’Aviation Civile (AAC) et du Bureau Permanent d’Enquêtes d’Accidents et d’Incidents d’Aviation (BPEA). Cet audit doit évaluer :
- L’historique d’entretien et les certificats de navigabilité délivrés pour l’appareil Let 410 UVP immatriculé.
- La régularité des inspections techniques obligatoires exigées pour le survol et le transport de passagers sur les lignes provinciales.
- Les conditions opérationnelles et météorologiques lors de la liaison entre Kikwit et Kinshasa.
II. Le Volet Militaire : Les FARDC Face aux Thèses Réseaux Sociaux
La perte simultanée de deux hauts dirigeants de la magistrature militaire a transformé la tragédie en une préoccupation sécuritaire majeure.
1. La réaction officielle contre les propos de Kalonji Kabamba
Dans les heures qui ont suivi l’accident, de nombreuses théories du complot ont circulé sur les réseaux sociaux. L’État-Major des FARDC a formellement dénoncé les sorties médiatiques diffusées sur la plateforme TikTok par l’intervenant Kalonji Kabamba. Ce dernier remettait en cause l’hypothèse de l’accident technique sans apporter de preuves factuelles.
2. Encadrement de l’information et procédure légale
L’armée congolaise rappelle que l’ouverture d’une enquête judiciaire militaire conjointement aux investigations aéronautiques constitue le seul cadre habilité à déterminer les causes du crash. La communication des FARDC vise à protéger l’instruction en cours et à réprimer la propagation de fausses nouvelles susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte au moral des troupes.
III. Le Volet Politique : L’Appel à la Retenue de Thierry Monsenepwo
Dans l’espace politique, les réactions oscillent entre vive émotion et prudence républicaine.
1. Neutralisation des surenchères polémiques
Thierry Monsenepwo, acteur politique de la majorité, s’est exprimé pour demander la retenue à l’ensemble des acteurs sociaux et numériques. Son intervention vise à empêcher l’utilisation partisane du drame, soulignant le respect dû à la mémoire des 17 victimes et au deuil des familles.
2. Exigence de clarté
Tout en appelant au calme, Monsenepwo insiste sur la responsabilité de l’État à mener des enquêtes transparentes. Selon son analyse, la réponse aux interrogations légitimes de l’opinion réside dans la publication rapide et objective des résultats d’audit ordonnés par le ministère des Transports.
Share this content:

