Numérique en RDC : Quand la fiscalité étouffe les ambitions présidentielles
Un vent de sidération et d’incompréhension traverse l’écosystème technologique et culturel de la République Démocratique du Congo. Alors que le président Félix-Antoine Tshisekedi n’a cessé de réaffirmer sa volonté stratégique de transformer la RDC en un hub technologique africain — à travers des discours fondateurs comme le programme « DRC Digital Nation 2030 » ou l’instauration de l’identité numérique unique RDC-Pass —, les actes posés au niveau gouvernemental semblent prendre une direction diamétralement opposée.
La signature de l’arrêté interministériel n° 015/CAB/MIN/EN/AKIM/MLNS/EME/ALM/2026 et n° CAB/MIN/FINANCES/2026/096 du 20 juillet 2026, portant fixation des taux des droits, taxes et redevances à percevoir à l’initiative du Ministère de l’Économie Numérique, contresigné par le ministre de l’Économie Numérique, Augustin Kibassa Maliba, et le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, suscite une profonde consternation.
Cet arrêté impose une grille tarifaire particulièrement lourde à un secteur encore émergent : 15 000 USD pour l’autorisation de plateformes Cloud ou d’archivage commercial, jusqu’à 100 000 USD pour l’agrément d’un centre de données Tier-IV, ou encore des taxes frappant les services d’e-learning, d’e-santé et les jeunes créateurs d’applications.
Cette approche purement fiscale crée un contraste saisissant avec la démarche d’autres gouvernements régionaux et ministères sectoriels, à l’instar du Ministère de la Communication et Médias, qui s’efforcent d’assainir et de doter le secteur d’un cadre juridique structurant sans en asphyxier l’économie. Ici, l’imposition de barrières financières disproportionnées risque de tuer dans l’œuf les initiatives de la jeunesse congolaise avant même leur éclosion.
Face à ces mesures jugées contre-productives, les développeurs, ingénieurs, freelances, startups et créateurs de contenus se mobilisent. Une pétition citoyenne devrait être lancée afin d’appeler à la révision immédiate de cet arrêté et à l’ouverture d’un dialogue inclusif avec les pouvoirs publics. Pour les acteurs du secteur, alourdir les charges au moment où le pays doit encourager l’innovation et l’emploi qualifié revient à compromettre la compétitivité numérique nationale.
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